Technique de la broderie - marquage broderie

La broderie est l'art d'orner un tissu avec un fil à l'aide d'une aiguille suivant un dessin donné, la technique de la broderie fut utilisée très tôt dans l'antiquité, réservée longtemps aux ornements religieux et aux dignitaires avec l'or ou la soie.
Elle se démocratisa peu à peu, les techniques et les matières se multiplièrent et évoluèrent. Elle participe de notre patrimoine culturel. La broderie contemporaine est un art à part entière dans le cadre de créations en volume (3D) notamment. Elle a des vertus anti-stress, relaxantes.


On peut la diviser en trois grandes classes :
  - Manuelle : à l'aiguille ou au crochet.
  - Semi-mécanique : à la machine.
  - Mécanique : industrielle.



TECHNIQUES


Le point compté (ou point de croix)

Très répandu dans le monde entier, ce point de broderie en forme de « x », est réalisé d'après un modèle appelé diagramme ou sur une toile pré-imprimée. L'un des types d'ouvrages les plus courants est l'abécédaire.
 Le dessin d'une grille est reproduit en comptant les points sur une toile à trame régulière (étamine de lin, de coton, canevas ou toile Aïda).


Pour réaliser les points de croix, il existe deux méthodes :
  - La traditionnelle où chaque croix est formée l'une après l'autre.
  - La danoise où l'on brode d'abord les demi-points du dessous à l'aller et les demi-points du dessus au retour pour former les croix.


Dans les deux cas, il est important que tous les points se fassent dans le même sens. Dans un même ouvrage, les deux techniques peuvent être mélangées : la manière danoise pour les séries de point en ligne, la manière traditionnelle pour les points isolés.

Le choix du tissu à broder se fait en fonction du résultat final souhaité et de la dextérité du brodeur. Les débutants préfèrent généralement une toile Aïda pour commencer, car elle offre une trame très régulière et un large maillage.
Les toiles Aïda sont disponibles en plusieurs couleurs, les plus communes étant le blanc et l'écru. Le lin quant à lui est réservé aux brodeurs expérimentés, car elle offre la trame la moins régulière. La broderie se fait alors en comptant les fils de la toile, en général deux fils de trame et deux fils de chaîne.
Pour un rendu plus fin, les points peuvent se faire uniquement sur un fil. La toile de lin est le plus souvent non teinte, de couleur brunâtre.

Le point de croix peut également être réalisé sur un tissu standard, pour orner un vêtement le plus souvent. On utilise alors une toile « tire-fils » qui reproduit une trame légère. Cette toile est fixée sur le tissu du vêtement par quelques points de bâti ou par de la colle en bombe pour tissus.
Une fois la broderie terminée, on tire sur les fils verticaux et horizontaux de la toile « tire-fils » pour les en extraire. La broderie est alors régulière quel que soit le tissu du vêtement sur lequel elle est réalisée.


Le petit point

Une toile peinte à large maillage est remplie de petits points, de points de croix ou de demi-points pour remplir la grille peinte et devenir un tableau. Il s'agit d'un passe-temps masculin attesté dans la marine britannique.


La peinture à l'aiguille

Cette technique de broderie originaire de l’Extrême-Orient a pour but de reproduire des sujets
- Essentiellement botaniques et animaliers, voire mythologiques
- Avec la plus grande précision ; pour y parvenir, les brodeuses et brodeurs ont recours à la technique du fil unique.


L'utilisation d'un seul brin, très souvent de soie, implique une charge de travail nettement supérieure.
Les variantes de techniques sont nombreuses mais l'une des plus spectaculaires reste sans doute la broderie « double face » toujours exécutée en Chine.
Aujourd'hui, elle compte plusieurs variétés : la broderie sur un seul côté, la broderie présentant de chaque côté les mêmes dessins et couleurs, la broderie aux dessins et couleurs différentes des deux côtés...

La broderie Xiang, un des plus célèbres artisanats de la province du Hunan, figure parmi les quatre fameuses écoles de cet art artisanal en Chine, avec l'école de Su (Suzhou, province du Jiangsu), celle de Yue (province du Guangdong) et celle de Shu (province du Sichuan).
Cette forme de la peinture à l'aiguille implique que les deux faces soient strictement identiques d'où un travail totalement réversible. Toute la subtilité tient à l'art de cacher les points de départ et autres nœuds qui en temps normal sont toujours plus ou moins visibles à l'arrière de l'ouvrage.


La broderie en relief

Sous cette terminologie se rassemblent en réalité de nombreuses techniques dont le point commun est le relief important de l'ouvrage fini.
Outre la broderie au ruban, on peut citer le stumpwork, technique dans laquelle des éléments brodés séparément et éventuellement maintenus par de petits fils de fer sont fixés sur l'ouvrage, et la broderie brésilienne, où le relief est donné par l'association de points particuliers et d'un fil ayant, de lui-même, une certaine tenue.


La broderie au point de Beauvais

Le point de Beauvais est une technique de broderie au crochet connue depuis des siècles, il permet de faire des ouvrages magnifiques et solides assez rapidement lorsque vous maîtrisez la technique.


La broderie au ruban

Encore appelée broderie rococo, la broderie au ruban est une technique née en France au XVIIe siècle, dans laquelle on ne brode plus à l'aide de fils, mais à l'aide de rubans de différentes largeurs, souvent en soie.
Les points utilisés sont souvent ceux de la broderie au fil, mais il existe également des points spécifiques, où l'on exploite la largeur importante du ruban.
Après avoir été négligée durant des années, cette broderie revient à la mode, d'autant qu'elle a l'intérêt d'associer une technique relativement simple à un rendu particulièrement impressionnant, dans un style souvent un peu victorien.


Les jours

Les jours qui se subdivisent en jours à « fils tirés » et jours à « fils serrés ». Les techniques sont nombreuses et particulièrement conservées en Europe centrale.
Une autre technique, la broderie Hardanger, vient de l'Europe du Nord.


Blackwork

Aux XVIe et XVIIe siècles des toiles de lin blanc étaient brodées avec de la soie noire. Motifs réguliers et réversibles, ces tissus servaient à la confection des vêtements.
Aujourd'hui le plus souvent sur étamine cette broderie sert à orner des petits ouvrages ou des broderies plus compliquées en jouant sur l'épaisseur des fils utilisés.


Broderie sur tulle

Imitation de la dentelle à l'aiguille, les motifs sont cernés au point de reprise puis rebrodés au point de bourdon ou de feston, ils sont reliés entre eux par des « roues » ou « araignées », puis le fond est découpé pour ne laisser apparaître que les figures qui pourront être remplies au préalable.
Cette broderie est exécutée en fil blanc sur tulle de coton, elle sert encore aujourd'hui à broder les coiffes des costumes traditionnels, notamment en Bretagne.


Broderie Renaissance ou Richelieu

Sur toile de lin ou de coton, des figures au bord festonné sont raccordées entre elles par des brides, puis le tissu est découpé.
Dans la broderie Renaissance les brides sont simples, en broderie Richelieu, elles sont ornées de picots.


La broderie indienne Aari

La technique Aari est utilisée par des concepteurs occidentaux pour leurs créations d'accessoires et de vêtements.
La broderie Aari se pratique avec un cadre en bois, pouvant s'adapter à n'importe quelle longueur de tissu. Ce concept de métier à broder a évolué à partir du lit indien Khatia, encore utilisé dans les régions rurales.
Les motifs sont tracés directement sur le tissu. Ils s'organisent le plus souvent autour d'un grand motif figuratif central Nadir Shahi Booti.


Broderie moderne

De nos jours, avec des techniques de plus en plus modernes, certaines sociétés peuvent broder sur tous supports des logos, des images, de plus en plus complexes en grande quantités et avec une grande rapidité.